La maquette numérique doit dépasser les murs du bâtiment
Il se souffle qu’en coulisses du projet eXpert, il n’a pas été immédiatement évident d’intégrer les géomètres-experts dans la réflexion autour de la maquette numérique et des IFC qui concernent de fait le bâtiment. De fait, lorsqu’un architecte ou un ingénieur travaille sur son ordinateur, le projet apparaît sans son environnement. “Il semble flotter dans l’espace”, en plaisante Patrick Bézard-Falgas, géomètre-expert foncier DPLG Sogexfo, président de la commission information géographique de l’ordre des Géomètres-experts. Grâce au réseau TERIA de positionnement en temps réel par GPS qui garantit une précision centimétrique, déployé depuis 3 ans sur la France entière, il est possible d’effectuer facilement les relevés de terrains en 3D. “Le X, le Y et le Z sont indispensables dans la maquette numérique, d’autant que les donneurs d’ordre maîtres d’ouvrages expriment le besoin, affirme dans ce reportage Patrick Bézard-Falgas. Les IFC représentent un challenge de plus à relever par la profession, comme le passage en son temps à la DAO. Aujourd’hui, il faut rentrer de plein pied dans l’ère de la DAO 3D qui plus avec cette notion d’objet intelligent intégré dans la construction rendue possible grâce aux IFC”. Pour le porte-parole de l’Ordre, les géomètres ne doivent pas rester à l’écart de la dynamique du secteur. “Il nous faut être un acteur technique reconnu dans la filière mais également un acteur qui va pouvoir, grâce aux IFC échanger de façon plus efficace en amont et en aval d’un projet avec tous les acteurs de ce projet”. Jean-Yves Mas, géomètre-expert DPLG chez Mas & Associés, également référent du projet eXpert au sein de l’Ordre des géomètres-experts, souhaite même que la filière aille plus loin dans son usage de la maquette numérique. “Il faut l’étendre sur tout ce qui concerne les réseaux, au niveau du foncier à la parcelle autour du bâtiment, mais également à tous les réaseaux d’infrastructures. La maquette numérique rsente un gain de productivité, permettant d’éviter bien des ressaisies. Surtout, elle permettra au géomètre d’être compris plus facilement par les autres acteurs du projet”. Un vœu qui semble fort logique dans le contexte actuel de généralisation des systèmes d’informations géographiques en France.
Reportage réalisé par Xavier Fodor et Alexandre Martin.
+ d'infos: Les 11 recommandations du groupe de travail “Géolocalisation”
1- Les données amont, c'est-à-dire celles disponibles en amont d’un projet de construction, sont trop souvent transmises, quand elles existent, en format papier ; c’est le cas pour les POS/PLU, SUP et plan des réseaux. Il convient de préconiser une vectorisation topologique (structurée de type SIG).
2- Les données numériques disponibles concernant un projet de construction ou un ouvrage en place sont de plus en plus fiables et nombreuses; la mise en place de formations initiales et continues prenant en compte cette évolution est essentielle pour permettre aux professionnels d’acquérir et/ou perfectionner leurs compétences, compte tenu des nouveaux marchés générés par ces technologies nouvelles.
3- L’évolution des outils de mesure exige la vulgarisation et la maîtrise des technologies permettant l’acquisition rapide de données fiables et denses adaptées au projet (ex. Lidar-orthophoto).
4- La production, la diffusion et la représentation de la donnée numérique métier doivent respecter des chartes graphiques: usage et mise en pratique de cahiers des charges définis par les acteurs métier.
5- Les échanges transversaux entre Géomètres-Experts et Architectes sont indispensables. Une meilleure collaboration entre les deux professions doit permettre d’assurer des échanges numériques conformes à leurs besoins et leurs attentes.
6- Il convient de sensibiliser et rappeler aux maîtres d’ouvrage l’obligation de géoréférencer toutes les données du projet de construction.
7- Il faut sensibiliser et former les professionnels sur les méthodologies de géoréférencement des données dans les systèmes de référence et de projection légaux.
8- La donnée 3D doit être un outil de concertation. Le géomètre-expert doit fournir de la donnée 3D (planimétrie et altimétrie) permettant la construction de MNT ou MNE.
9- Il est nécessaire de mettre à disposition des professionnels des outils, méthodes et référentiels d’évaluation dans une logique de développement durable. La démarche de concertation assise sur les outils numériques ne peut fonctionner que si elle se base sur des données précises, géoréfencées afin que le discours soit solide, vérifiable, opposable aux tiers.
10- Il convient de former les géomètres-experts sur l’application de l’arrêté interministériel de septembre 2005 relatif aux classes de précision.
11- L’enfouissement des réseaux devient de plus en plus problématique. La cartographie associée est peu fiable pour plusieurs raisons: relevé après fermeture de la tranchée, matériel de topographie très succinct (chaîne-jalon), personnel non qualifié ou juge et partie, L’ensemble des réseaux doivent être récolés en fouille ouverte, géoréférencés par des professionnels responsables et indépendants sous le contrôle des maîtres d’ouvrage et non plus par l’entreprise en charge des travaux.
Cliquez ici pour téléchager en totalité le Livre Blanc du groupe de travail “Géolocalisation”
Voir aussi: www.buildingsmart.fr, www.geometre-expert.fr
Ajoutée le 29/05/09
Vues : 2367
La WebTV de l'informatique pour le BTP
Rejoignez-nous sur :
Facebook
Twitter
Flux RSS
Commentaires