Imagina 2008 : rencontre avec Patrick Jocelyn, directeur Autodesk EMEA

Voilà deux ans qu’Autodesk a acheté Alias, l’éditeur du logiciel de modélisation 3D, d’animations et de rendu Maya. Quels sont les impacts d’une telle acquisition pour les autres solutions métiers d’Autodesk comme ADT ou Revit? Comment les acteurs du bâtiment peuvent-ils se servir d’un outil comme Maya et tout simplement profiter de la baisse des coûts pour accéder à la virtualisation? Entretien en anglais avec Patrick Jocelyn, Directeur Media & Entertainment, Autodesk EMEA.

Reportage réalisé par Florian Mascaro et Xavier Fodor

 

+ d’infos : La dualité des images 3D

Tout le monde s’accorde à dire qu’une image vaut mieux qu’un long discours. L’image offre un langage commun en proposant une solution visible par tous et acceptée par les uns et les autres. Pourtant, dans le secteur du paysage et de l’urbanisme, les images de synthèses 3D restent en décalage par rapport aux équipements informatiques mais surtout aux mentalités. Une grande majorité des professionnels reste prudente, voire hostile, vis-à-vis de l’informatique de conception et l’utilisation de modèle 3D notamment dans la phase de concertation. Leurs critiques se basent sur un problème de compréhension de l’image : pas suffisamment analytique et trop synthétique. Pour d’autres, l’image n’est pas assez photo-réaliste tandis qu’a contrario des derniers la trouve trop séduisante, voire mensongère.

Toutes fondées, ces remarques mettent en exergue l’existence de deux types d’images. D’abord, il existe une image d’études. Tout élu, promoteur ou professionnel concerné par une problématique d’aménagement du territoire doit répondre aux exigences de la loi SRU, des SCOTs (schémas de cohérence territoriaux), de l’amendement Dupont pour les entrées de ville, et au volet paysager du permis de construire, etc. Une maquette simplifiée et les images 3D servent de base aux échanges entre non-experts et à la concertation. La vision ainsi proposée n’est pas artistique, il s’agit d’une réalité opposable au tiers! En effet, les efforts de plusieurs acteurs comme GVA (BD Paysage), l’IGN (orthophoto, BD Topo), Bionatics (plantes virtuelles) associé à une modélisation fidèle du paysage et des bâtiments existants permettent de concevoir un projet géo-référencé, donc exact. L’image 3D ainsi produite permet aux individus incapables de lire les traits d’un plan 2D de se projeter dans l’avenir, de survoler un quartier, à partir de bases connues. Ensuite, l’image 3D reste le seul langage aisément compréhensible par tous, lorsqu’il s’agit de réfléchir sur des échelles inhabituelles, des routes tracées sur plusieurs kilomètres, des quartiers s’étendant sur des centaines d’hectares... Cela vous rend enthousiastes? Il est toutefois nécessaire de relativiser l’impact de ce type de support de travail particulièrement légitime : beaucoup de maîtres d’ouvrages –notamment publics- ne disposent pas des équipements suffisamment puissants pour lire des films d’animation 3D...

L’autre type d’images vise à séduire, à faire rêver. Finalement, ces images ne sont qu’une version moderne des fameuses aquarelles des promoteurs qui gomment, modifient et enjolivent l’environnement de leurs projets. L’avantage de l’image de séduction en 3D est qu’elle apparaît alors que les professionnels bénéficient d’outils permettant aussi de mieux respecter la réalité. Malgré une musique exaltante, l’ensoleillement idéal, la circulation fluide de voitures impeccables et des personnages aux comportements ultra-réalistes, ces projets peuvent respecter plus ou moins grossièrement l’existant. Ces films (ils utilisent les mêmes logiciels que l’industrie du cinéma) sont plus fréquemment réalisés à l’étranger où ils visent à promouvoir des grands projets d’infrastructures ou d’aménagements urbains. En France, ils deviennent très appréciés des collectivités car ils constituent des compléments idéaux aux autres supports classiques lors des réunions publiques.

Dans les deux cas, la limite de l’exercice reste la ligne au bas de la facture. En plus d’être chronophage (temps de réalisation et de calculs), modéliser et animer des arbres, des mobiliers urbains et autres voitures coûtent cher. Utiles et belles, les images 3D resteront donc rares? Le succès d’un événement comme Imagina semble prouver le contraire.

Xavier Fodor

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Ajoutée le 30/01/08

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